Etant en vadrouille et n'ayant pas souvent l'opportunité d'avoir un ordinateur et une connexion à disposition, les articles que je poste sur le blog se résument généralement à quelques lignes descriptives et des photos. Je viens tout juste de récupérer l'ensemble des photos que Lu a prise à Navarino, et suis tombée sur un portrait de moi, que j'ai eu envie de partager, non pas par égocentrisme je crois, mais parce qu’il m'a donné envie de prendre un peu le temps de partager ce que je ressens réellement.
Ce que je vis tous les jours depuis presque trois mois est complètement fou. Et tellement fort, qu'il m'est difficile d'y mettre des mots, et de savoir par où commencer.
J'ai quitté la France avec un boule au ventre (et surtout au cœur). A l'aéroport de Madrid, j'ai écrit dans mon carnet de voyage "tristesse, excitation, appréhension". J'étais triste de laisser une partie de mon cœur si loin, excitée par tout ce qui m'attendait au vu de la carte des Andes étalée devant moi, et pleine d'appréhensions face à l'inconnu, que j'allais devoir affronter seule. (Après des mois à réfléchir à ce voyage, je partais finalement avec pour seules données connues un hébergement à Buenos Aires, une carte des Andes et un certain budget).
Puis j'ai fait des rencontres formidables, et j'ai appris à me laisser complètement porter par le voyage. Je ne planifie rien à plus de un ou deux jours d'avance (merci internet et couchsurfing quand-même), ce qui me permet de saisir toutes les opportunités qui se présentent à moi, et notamment de faire de belles rencontres inattendues. Animée par une soif de paysages et de montagne, mon itinéraire suit une certaine logique "andine", mais mon chemin intérieur se dessine réellement par la richesse des rencontres que je fais. Et ces rencontres, que je prends le temps de savourer, me permettent de sortir des sentiers touristiques, de m'imprégner des lieux que je découvre et de connaitre ce coin du monde un peu plus de l'intérieur. Alors comment pourrais-je ne pas être heureuse dans cette aventure!
Avec tout ça, je passe chaque fois plus de temps que ce que je pensais initialement à chaque étape de mon voyage, et il se pourrait bien que ce voyage "Amérique Latine" change de nom pour "Patagonie". Mais aussi, il y a tellement à faire ici, et ce nom me faisait rêver depuis si longtemps, que je me dois de lui consacrer du temps.
Alors, quand je me suis retrouvée debout à la proue d'un voilier, traversant le canal de Beagle, entre la Terre de Feu et l’île Navarino, à quelques mille kilomètres de l'Antarctique, avec trois argentins et trois hollandais que je connaissais depuis trois jours tout au plus ; alors que cette traversée n'était pas un ticket acheté dans une agence, mais le fruit de quelques mots et sourires échangés sur un ponton ; alors que j'étais en route pour aller faire un trek magnifique sur une île plus au bout du monde que le bout du monde... j'ai pleuré. Et juste avant, Lu a pris cette photo.
Je ne sais pas ce qui m'attend à mon retour (le projet de thèse est toujours en question), je ne sais pas ce que je vais faire de ma vie, mais je sais que maintenant je suis heureuse, et sereine face à ce qui m'attend demain, car j'ai mille choses a découvrir et des millions de belles personnes a connaitre.
Cette belle aventure que je vis aujourd'hui, qui me fait grandir et qui va marquer ma vie, je l'ai choisie, mais elle n'aurait pas été possible maintenant et dans ces conditions sans l'aide de ma famille. Alors, chers parents, et chère grand-mère, merci, infiniment.

.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)
.jpg)