mercredi 29 mai 2013

Au royaume des condors

    Ce week-end, sortie en montagne avec David, un espagnol en échange universitaire, super sympa, rencontré via Couchsurfing. Nous sommes partis à l'assaut du Cerro Provincia (2750 m), un des sommets qui dominent Santiago.
    Samedi, après s'être échappés de la ville en bus, avoir été pris en stop par un gentil conducteur de camion poubelle, et avoir payé les 1500 pesos chacun (2€40) au "garde" du massif (tout se paie au Chili...), nous nous sommes mis tardivement en marche vers le sommet.


    Notre objectif principal en ce début de rando: sortir de la pollution de Santiago et atteindre l'air pur des montagnes! On croise un monde fou sur le sentier, plein de cailloux et plein de cactus! David est un peu déçu par l'aridité du sentier (il espérait de la neige), moi je reste ravie du dépaysement. On finit par prendre assez de hauteur et là, paysage grandiose: la couche de pollution est en fait une mer du nuages sur toute la plaine (on n'espère que ce n'est pas que de la pollution...)! 

La plaine d'un côté...
...les montagnes de l'autre (El Plomo, 5424m)

Rencontre avec les autochtones
     Au fur et à mesure de la montée, on croise de moins en moins de monde, de moins en moins de cactus et de plus en plus de cailloux, et après 6-7 heures de marche, le soleil commence à descendre à vitesse grand V. Il nous reste une heure pour arriver au sommet, mais on préfère savourer le coucher de soleil et on décide donc de planter la tente et faire le sommet le lendemain, sage décision.
    Et là, waaaoow! Magnifique coucher de soleil sur la mer de nuages, et sublimes couleurs sur les sommets.




    Ensuite, Santiago s'allume et illumine les nuages par en dessous, nous donnant un paysage et des lumières de rêve (littéralement). Les couleurs n’arrêtent pas de changer en quelques minutes, un spectacle magique! Et c'est pas fini: après un bon diner sous les étoiles, c'est la lune qui entre en scène: ronde comme un ballon, éclairant les montagnes comme un deuxième soleil. Difficile d'aller se coucher: d'un côté les lumières magiques de Santiago, de l'autre un sublime lever de lune, entre les deux les sommets enneigés... de quoi s'en mettre plein les yeux sans se lasser. Mais la fatigue finit quand même par gagner. Avant d'aller dormir, on fait une rencontre assez insolite: un gars qui monte tout seul dans la nuit, sans lumière. Il s’arrête, on discute un peu, il nous explique que c'est beaucoup plus intéressant de marcher avec seulement la lumière de la lune, puis repart dans l'obscurité. 



    Après une nuit un peu froide (pour ma part), notre deuxième journée en montagne commence plutôt bien: on est à présent surs que ce n'est pas que de la pollution sur Santiago, puisqu'une vraie mer de nuage, bien moutonneuse, recouvre toute la plaine, surement jusqu'à l'océan.

La vue en sortant de la tente... :)
Le Manquehue: preuve que Santiago est là, sous la mer de nuages.



    Un tel paysage de bon matin: de quoi mettre la patate et donner plus d'énergie qu'il n'en faut pour aller jusqu'au sommet! En une petite heure, nous voilà en haut, avec une vue magnifique sur la Cordillère. Le temps s'est un peu couvert, rajoutant un ambiance particulière et de belles lumières. Là encore, on ne sait pas où regarder tellement les paysages sont grandioses de tous les côtés! Et ensuite, cerise sur le gâteau: les condors, planants, majestueux... maîtres de ces lieux! Je vous laisse imaginer mon enchantement... :)


Maître Condor planant vers El Plomo... :)
Un joli halo autour du soleil.
 
  
    Avant de redescendre, on décide d'aller voir le refuge en contrebas du sommet, et on y rencontre Pablo, notre mystérieux marcheur de la nuit. Un amoureux des montagnes, avec une magnifique vision de la vie et des relations humaines: un chilien comme on en voudrait (beaucoup) plus, superbe rencontre!

    Vient ensuite le moment de redescendre vers la ville et le monde "réel"...pas facile. C'est en s'en échappant qu'on réalise ce qu'on respire tous les jours à Santiago, et c'est pas joli joli. Mais les batteries sont rechargées au maximum, et il ne reste plus qu'à attendre une autre occasion pour s'en mettre plein les yeux, et les poumons! :)


    P.S.: j'ai pas encore récupéré toutes les photos, j'espère pouvoir rajouter celles qui manquent (les plus belles je crois) dès que je peux.

  

mardi 21 mai 2013

Nueva casa

    Enfin! Samedi j'ai emménagé dans une graaaannde et vieille maison, à 100 m du labo, le pied! :) Vivent là une dizaine de personnes, dont Florencia (la propriétaire), son fils (dont j'ai oublié le nom), Milton, Eduardo, Liz, et les autres que je n'ai pas encore rencontrés car ils ne sont pas encore rentrés de week-end (et oui, aujourd'hui c'est férié, donc long week-end!).
 
    Quelques photos pour vous faire goûter à l'ambiance de la baraque:

Ma chambre :)

Un arbre sympa qui me cache l'immeuble d'en face :)




Petit apéro avec Eduardo, Andrea et Milton dans la chambre d'à côté :)
   
    Buena onda! :)

   


lundi 20 mai 2013

Parlons stage

    Aaaah enfin je parle un peu du pourquoi de qu'est-ce que je fais ici! (comment ça c'est pas français?!)

    Je sais pas trop comment raconter les choses tellement j'en ai encore plein les yeux, tellement que les montagnes sont belles, et tellement que je kiffe mon stage (oui je kiffe!!)! Bon essayons de faire des phrases:

    Jeudi, par une splendide journée d'automne, parfaitement ensoleillée, Luisa (ma tutrice), Pablo (un étudiant de Luisa) et moi-même somme partis à bord d'un super 4x4 grinçant (mais c'est normal d'après le technicien) en direction du Valle del Yeso, la scène du crime.
    (Pour ceux qui comme moi aiment bien se repérer sur une carte, je vous invite à cliquer sur l'onglet "carte" en haut de la page pour visualiser tout ça.... il y a des petits randonneurs sur tous mes lieux d'excursion en dehors de Santiago)

    Mais pourquoi "scène du crime"? C'est là que je vous explique mon stage:
    Dans le Valle del Yeso se trouve un énorme dépôt de roches, dont le volume est estimé à 4.5 km3 (essayez d'imaginer un peu). L'origine de ce dépôt est discutée: les premiers à l'avoir étudié l'ont décrit comme une énorme moraine glaciaire, mais aujourd'hui une autre hypothèse apparait: celle d'un immense glissement de terrain. Ce serait tout un pan d'une montagne, le Meson Alto (5128 m), qui se serait effondré il y a quelques milliers d'années, surement par dessus une moraine déjà existante. Ce genre de glissement est peu documenté, car peu fréquent à l'échelle humaine, et se produisant dans des régions de haute montagne pas forcément très habitées, mais peut avoir des conséquences importantes sur les vallées en aval. Par exemple, le dépôt du Meson Alto, en bloquant la vallée, a conduit à la formation de deux grands lacs dont l'un sert aujourd'hui à l'alimentation en eau de Santiago.
    L'idée de mon stage, c'est de réaliser une modélisation analogique de ce genre de glissements géants, pour essayer de comprendre leur fonctionnement (les facteurs déclenchants, les mécanismes de rupture... ). Et afin de réaliser ce modèle, je vais m'inspirer du cas du Meson Alto, d'où la journée sur le terrain pour voir le chmilblick!
    (Petite explication pour les novices: un modèle "analogique", par opposition à un modèle "numérique", est une sorte de maquette visant à reproduire en miniature certains phénomènes observés dans la nature)
   
    Bon assez parlé, les photos du terrain:

Le Meson Alto (attention chute de (gros) blocs!)

Pablo et Luisa. Derrière eux, le fameux dépôt en question.


Un indicateur UV, au cas où. Jaune ça passe, ouf!

Le lac-réservoir du Yeso.

Montée sur le dépôt du glissement, avec en arrière plan le Méson Alto



Yes! :)



Plume de condor? (J'ai vu des condors!! :)




   Bref, de quoi recharger les batteries comme il faut! :)

  

mercredi 15 mai 2013

Week-end Pacifique

    Deuxième week-end en terre inconnue, deuxième week-end à ne pas s'ennuyer :)

    A deux heures de bus de Santiago: Valparaiso est le premier port et la deuxième ville du Chili, dont le centre est classé patrimoine culturel de l'humanité par l'UNESCO. Accueillie par Walterio (un couchsurfeur à l'imagination envahissante, mais pour autant bien sympathique et bon guide) j'ai débarqué à Viña del Mar, cité voisine de Valparaiso.
    (note: pour ceux qui se demandent ce qu'est un "couchsurfeur", et bien c'est tout simplement un pratiquant du couchsurfing: pratique révolutionnaire basée sur l'échange qui permet à tout voyageur de se faire héberger sans risque et sans frais :)

    Samedi, temps magnifique, j'en ai profité pour saluer LE Pacifique:

Hé Loulou, c'est toi de l'autre côté? ;)

Vue sur le Pacifique, Viña et Valparaiso, les pieds dans le sable chaud :)

     Dimanche, après un bon "asado" (barbecue): visite de Valparaiso, accompagnée de Walt et deux autres couchsurfeuses Anka (polonaise) et Alexandra (franco-roumaine). La ville est bâtie sur une multitude de "cerros" (collines), et on compte presque autant de funiculaires, même si seulement quelques uns sont en fonction aujourd'hui. Le centre ville est donc réputé pour ses dédales de ruelles et escaliers raides et interminables, mais aussi pour ses peintures, fresques, graffitis... qui remplissent la ville de couleurs.

A gauche pour les courageux, à droite pour les flemmards!

Un des nombreux chats de Valparaiso, qui participent à la poésie de la ville.

Qui dit touristes, dit stands de babioles à chaque coin de rue.

Un des funiculaires en fonction, avec le port en arrière plan.

"Souriez, vous êtes manipulé"


Ancienne baraque partie en fumée, et dont les décombres vont rester là pendant... longtemps?



Si vous regardez bien, je suis sur la photo ;)

    Voila Valparaiso: le charme des couleurs, des collines, des ruelles, de l'océan, de l'expression artistique et engagée... qui attire tant de monde, et a inspiré Pablo Neruda (dont je n'ai pas eu le temps de visiter la maison, un bijou à ce qu'il parait). Mais aussi le visage de la pauvreté, de la misère sociale, et du déclin d'un port qu'on appelait autrefois la "perle du Pacifique".

   

mardi 7 mai 2013

Prise de hauteur sur le Cerro Conchali

    Après une magnifique journée à faire trempette dans les sources d'eau chaude, enfin un peu d'effort! Dimanche, avec 3 étudiants de la même troupe (Jérémy, Adrien et Vera) et 2 chiliens (Matias et Santiago), nous sommes partis à l'assaut du Cerro Conchali, une des premières petites montagnes au dessus de Santiago, à 2552 m d'altitude. Un belle rando, sous un soleil de plomb! 

Paysage méditerranéen?


En arrière plan, les montagnes que l'on voit souvent depuis Santiago

Vue sur la plaine, pas mal!

A droite: le Manquehue qui domine Santiago, derrière lui en plein cœur de la ville: le fameux Cerro San Cristobal.

Passé un col, nous voila du côté de la Cordillère, avec en arrière plan El Plomo qui culmine à 5424 m!

A 2552 m d'altitude, vue sur la capitale... vive le Chili! :)

"No conquistamos montañas o cumbres, nos conquistamos à nosotros mismos"

Chacun son caillou

La fine équipe devant El Plomo


Retour dans la plaine... et dans la pollution :(
    La montagne à 20 min de la ville en voiture: de quoi s'en mettre plein les yeux (et les jambes)! Les mots de la journée étaient: "espectacular" ou encore "incréible", je vous laisse imaginer la traduction ;-)
  
   Après une journée comme celle-ci, difficile de retourner sous la couche de pollution, qui parfois empêche totalement de voir la Cordillère. Mais il suffit que le temps soit bien dégagé, ou -encore mieux- qu'il ait plu la veille, et alors on peut voir les montagnes (entre deux immeubles) et rêver un peu en attendant d'y retourner...